Promenons-nous dans les bois



Le matin du 17 septembre, le réveil sonne à 6h45. On doit partir faire une marche en montagne d’une journée environ, dormir sur place, puis rentrer le lendemain. Seulement il a plu toute la nuit sans s’arrêter et ça continue. On annule en espérant pouvoir y aller le 18.

Le 18 il pleut toujours, cela n’a pas cessé une minute depuis bientôt deux jours. On décide de tenter la balade malgré tout. Le début de la montée se passe bien même si on ne profite pas trop de la vue à cause de la brume. Nous arrivons à la Peace Pagoda, un temple bouddhiste. Normalement, on doit continuer à monter mais la pluie tombe de plus en plus fort. On essaie d’avancer un peu et au bout de 15 minutes tous mes habits sont trempés. On s’abrite pour manger quelques grignotins. On ne voit pas plus loin qu’à cinq mètres. On décide de rentrer.

Je suis hyper lente à la descente, j’ai trop peur de glisser. Les pierres sont ruisselantes et la pente est bien raide. Etienne va plus vite et glisse de temps en temps. Au bout d’un moment, nous sommes dans la forêt.
– On n’est pas passé par là tout à l’heure, lui dis-je.
– Non je crois pas, me répond-il.
– Qu’est ce qu’on fait ?
– On va par là, de toute façon ça descend.
– Ok.
On marche longtemps dans cette forêt. Je me demande si on va finir par en voir le bout.
– T’as peur ? me demande Etienne.
– Non, mais j’ai pas envie de rester dedans jusqu’à la tombée de la nuit.
Je me gratouille les chevilles à plusieurs reprises. Je regarde si je n’ai pas quelque chose de coincé :
– Ahh ! Du sang !
– Mais non, ça doit être de la boue…
Je retire le haut de ma chaussette.
– Des sangsues ! Oh non, beurk ! Enlève-les moi, vite, ah, grmhinhinhin (chouinement) viite !
Etienne essaie tant bien que mal de me les retirer, mais si on reste sur place, elles remontent aussitôt sur l’un de nous. Il faut avancer. Etienne en a aussi quelques unes. Nous devons sortir de cette forêt et vite! En marchant, on les sent nous mordre et pomper notre sang, ces voraces!

On trouve une issue et on arrive vers les Devi’s Falls où nous étions l’autre jour. Une femme me regarde en train de râler, la jambe tremblante, attrapant du bout des ongles ces maudits parasites suceurs de sangs. Elle dit :
– Hahaha ! Dzuka, dzuka ! (sangsue en népali)
On rentre à grands pas.

Sur la route, des tibétains qui nous observent nous triturer les pieds nous disent que le sel tue les sangsues. C’est avec un plaisir sadique qu’on leur en jette plein dessus.

Après lavage et désinfection, on a du mal à arrêter le saignement. Il paraît qu’elles ont une salive anticoagulante.


Le soir, on joue au 8 américain et un voisin chinois vient s’asseoir avec nous. Il nous offre un verre : du vin français, fabriqué en Australie, acheté au Népal par un chinois! Il nous parle avec le traducteur automatique de son portable et nous avec Google Traduction sur l’ordi. C’est drôle cette conversation silencieuse, en plus les traductions proposées n’ont parfois aucun sens.

6 réponses à Promenons-nous dans les bois

  1. mika dit :

    hahahhaa j’adore votre voyage, la prochaine fois je veux une histoire avec des pythons et cobras

    Bisous les cocos 😉

  2. Lisouillette dit :

    Enooooooooooooorme!!!!!!!!!! On saura tout tout sur les Dzuka!! 🙂 des bisous tout plein les poulets de l’aventure

  3. Mom dit :

    Vous savez que des mères lisent ce blog? Et vous imaginez qu’ensuite elles laisseront leurs enfants partir sans souci?!!!!
    C’est bien beau les aventures, mais ….
    Heureusement qu’il y a de la brume, parce que ça rend les photos belles…
    Biz biz

  4. Mireille dit :

    Bon, est ce que le sang s’est arrêté, là maintenant?, tenez nous au courant et allez voir une vieille guérisseuse du coin,grosses bises les chéris, soignez bien vos plaies

  5. Michèle dit :

    je l’avais pas vue celle-là hier soir. Il doit bien avoir des plantes hémostatiques pour frotter dessus. En tout cas le sel a aussi un effet désinfectant. Et surtout pas d’histoire, et encore moins de photos, avec des serpents…… Bisous réconfortants. Et psdv

  6. Mireille dit :

    ouf, j’ai retrouvé le chapitre….j’ai eu elisa au téléphone qui m’a ditde ressortir du blog et de s’y remettre,ce que jje n’avais pas fait, toujours aussi nulle…….la daronne
    alors on en a pour notre argent de suspens avec votre aventure sangsuesque,mais n’oubliez pas comme dit christiane,de loin cela fait son petit effet et nous les mères,on tremble ,vous n’avez pas de boussoles?
    c’est peut être mieux de faire ça à plusieurs?pour les photos de serpents,si, mais pas sur vous!!!!!bis

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